Dîner dans une crêperie à Paris, cinq personnes, l’addition tombe à 120 €. Quelqu’un fait le calcul à voix haute : vingt-quatre chacun. Ma mère avait pris une galette et une salade au cidre. Moi, la galette la plus chère de la carte, un Breizh cola et une crêpe caramel. On a payé pareil, et personne n’a protesté, parce que protester coûte plus cher que sept euros.
La réponse courte. Photographiez le ticket, laissez l’app en lire les lignes, puis touchez les personnes qui ont pris chaque article. Les parts se calculent au centime et ça prend moins de temps que la discussion. Sur l’addition ci-dessous, la part égale était de 24 € et les parts réelles allaient de 16,60 € à 33,20 €.
Pourquoi diviser une addition en parts égales est injuste
Voici le ticket réel, avec qui a commandé quoi et ce que chacun devait vraiment.
| Frère | Papa | Moi | Maman | Sœur | |
|---|---|---|---|---|---|
| Galette | Complète chorizo, 14,80 € | Vendangeur, 17,50 € | Artichaut, 19,50 € | 12,80 € | Confiture, 7,50 € |
| Boisson, dessert | Bolée, 5,80 € | Bolée 5,80 €, caramel 7,20 € | Breizh cola 6,50 €, caramel 7,20 € | Salade cidre, 3,80 € | Salade cidre 3,80 €, chocolat 7,80 € |
| Part réelle | 20,60 € | 30,50 € | 33,20 € | 16,60 € | 19,10 € |
| Part égale | 24,00 € | 24,00 € | 24,00 € | 24,00 € | 24,00 € |
| Écart | -3,40 € | +6,50 € | +9,20 € | -7,40 € | -4,90 € |
Entre le plus gros et le plus petit appétit, l’écart est de 16,60 €, sur une addition de 120 €. Le partage en parts égales déplace 9,20 € de ceux qui ont le moins mangé vers celui qui a le plus mangé, et c’était moi. Une part égale n’est pas neutre. C’est un transfert, toujours dans le même sens, invisible parce que le nombre qu’il produit a l’air propre.
Comment partager une addition article par article, étape par étape
Une photo et trois gestes, dans Banana Split.
Le troisième écran est celui qui compte. Chaque ligne revient avec son prix et porte les cinq participants sous forme d’initiales. Un appui pour inclure quelqu’un, un autre pour l’exclure. Deux personnes ont partagé les bolées : les deux sont allumées sur cette ligne et les 11,60 € se coupent en deux.
Les totaux de la barre jaune sont les nombres que l’app va enregistrer. L’aperçu et l’enregistrement passent par le même calcul, au centime près, et c’est pour ça que les cinq parts font exactement 120,00 € et pas 119,99 €.
Tant que rien n’est affecté, l’app partage en parts égales, ce qui est le défaut honnête :
Ce n’est pas un audit complet du repas. Isolez les deux bouteilles de vin que trois personnes ont bues, laissez le reste partagé, terminé. Nos types de répartition fonctionnent pareil, en montants exacts, en pourcentages ou en parts.
Ce qui se passe quand le scan se trompe sur une ligne
Il va se tromper sur une ligne. Ici, il a lu COMPLETE CHORI O au lieu de COMPLETE CHORIZO, parce que la caisse a imprimé par-dessus un filigrane. Ça ne coûte rien : le libellé est décoratif, seuls les montants pilotent la répartition, et les montants sont revenus exacts. Quand la lecture est fausse, vous touchez le libellé ou le prix pour le corriger, vous supprimez une ligne, ou vous ajoutez celle que le scan a ratée.
La règle en dessous s’affiche à l’écran : le total du ticket fait foi. Ce que les lignes affectées laissent de côté (le service, la taxe, une ligne sautée) se répartit au prorata de ce que chacun doit déjà. Un dessert à 4 € oublié ne disparaît pas et ne retombe pas sur une seule personne.
Est-ce que la photo du ticket quitte le téléphone ?
Non. La lecture se fait sur le téléphone, via le framework Vision d’Apple sur iPhone et ML Kit de Google sur Android. La documentation de Google est explicite : « ML Kit’s processing happens on-device. […] It also works while offline and can be used for processing images and text that need to remain on the device. »
Pas d’envoi, pas de serveur, pas de compte, et ça marche dans une cave sans réseau. Ça vaut la peine de savoir à quoi ressemble l’alternative : un ticket de caisse porte le lieu, la date, l’heure, le numéro de table, parfois les derniers chiffres d’une carte. L’envoyer sur un serveur pour le faire analyser est une vraie décision, prise en général sans y penser.
Pourquoi presque personne ne partage article par article
Parce que jusqu’ici ça coûtait cinq minutes et un certain caractère. Nos propres données le disent, sans détour.
Sur 182 788 groupes et 3,8 millions de dépenses dans Banana Split, 98,33 % des dépenses sont partagées en parts égales. Les répartitions personnalisées, en montants exacts, en pourcentages ou en parts, pèsent 1,67 %. Plus parlant encore : 91 % des groupes n’ont jamais utilisé autre chose qu’une part égale. Pas rarement, jamais.
Et ce n’est pas parce que les dépenses seraient petites. Les dépenses partagées à trois personnes ou plus font 35,7 % du total, exactement le cas de la table de restaurant, et même là on ne monte qu’à 2,10 %. En nourriture et boissons, où le montant médian est de 41 €, 3,20 %.
Sur 3,8 millions de dépenses dans nos données, quelle part est partagée autrement qu'en parts égales ?
1,67 %. Et 91 % des groupes n'ont jamais fait une seule répartition personnalisée. L'équité perd contre la friction : diviser par cinq prend deux secondes, partager article par article prenait cinq minutes.
La conclusion n’est pas que les gens sont contents des parts égales. C’est que l’option juste a toujours été la plus chère, en effort. Enlevez les cinq minutes et le calcul change.
Splitwise et Tricount savent-ils partager article par article ?
Splitwise sait le faire, à condition de payer Pro. Tricount ne sait pas du tout.
Splitwise le dit clairement sur sa page Pro : « Only Pro subscribers can scan and itemize receipts. » Une bonne fonction derrière un abonnement, sur une offre gratuite qui vous arrête aussi à quatre dépenses par jour.
Il y a une chose qu’il ne fera pas, et c’est justement celle dont on a besoin après un dîner : lire une photo déjà prise. Son scanner n’ouvre que l’appareil photo. La demande de scanner depuis la galerie est ouverte sur leur site de feedback depuis le 21 août 2019, 82 votes, et le support Splitwise a répondu dès le lendemain que « our current receipt scanner doesn’t support this ». Sept ans plus tard, toujours pas. Notre scan accepte les deux, appareil photo ou photothèque.
Tricount ne fait ni l’un ni l’autre. Sa page fonctionnalités propose d’« attach photos of receipts or moments to your expenses », ce qui est du stockage, pas de la lecture.
Banana Split le lit et le répartit ligne par ligne, et je ne vais pas faire semblant que c’est gratuit : le scan fait partie de notre offre payante, avec un essai. Ce qui est gratuit chez nous, c’est tout le reste, y compris autant de dépenses par jour que votre voyage en génère vraiment. Si vous hésitez entre les trois, on a tout détaillé dans Tricount ou Splitwise.
Quand les parts égales restent le bon choix
La plupart du temps, honnêtement. Si tout le monde a commandé à peu près la même chose, la part égale est la bonne réponse et la plus rapide, et ces 98,33 % ont le plus souvent raison. Le partage article par article gagne son utilité dans trois cas : quand une personne ne boit pas et que le vin fait un tiers de l’addition, quand quelqu’un n’est venu que pour le dessert, et quand le groupe est assez grand pour que les appétits divergent vraiment.
Le but n’est pas de tout détailler. C’est que, quand l’addition est déséquilibrée, vous avez maintenant une façon de le dire qui prend quinze secondes et qui ne ressemble pas à de la comptabilité. Scannez, touchez les visages, et c’est l’app qui joue les tatillons à votre place. Si vous voulez l’essayer au prochain dîner, c’est ici.
D’où viennent les chiffres
Ticket réel d’un dîner de famille du 25 mai 2026. Les statistiques portent sur les groupes d’au moins deux membres et cinq dépenses, remboursements exclus, données agrégées et anonymes. Elles décrivent des gens qui ont choisi une app pour suivre de l’argent partagé, donc plus rigoureux que la table moyenne. Pages Splitwise et Tricount lues le 10 septembre 2026.